L’Homme et Le Faire

L'Homme, le MUNTU, est celui qui est sur le trône. C'est le fils du divin et l'héritier de la création. Il ne faut pas penser ici à un fils en particulier. Quiconque se reconnaît dans sa divinité, la proclame, la vit, et est fils ou fille du divin. Mais aussi quiconque ne se reconnaît pas dans sa divinité, ne la proclame, ni ne la vit, l'est également.

La différence ne réside que sur le plan de la conscience. L'un le sait, et l'autre ne le sait pas. Ceci ne veut en aucun cas dire que celui qui ne sait pas est exclu de l'amour divin. Nenni.

Il continuera à jouir des mêmes privilèges que celui qui sait. La différence est que l'un en jouit tout en le sachant, et que l'autre en jouit sans le savoir. L'un mange une mangue en sachant ce que c'est qu'une mangue, sa provenance, etc. Et l'autre ne mange qu'un fruit, se délecte de sa saveur, et se cale tout simplement le ventre. L'un est dans la gratitude, et dans la consommation, l'autre n'est que dans la consommation.

Faire, c'est réaliser par son travail, par son action. Il y a du volontarisme. Ceci n'est pas une mauvaise chose. Le tout est de savoir ce que l'on fait. Faire pour faire, il n'y a rien de plus débile que cela. Faire pour sa satisfaction personnelle ? Pourquoi pas. En vérité, quand on fait réellement quelque chose de vraiment bien pour soi, ça l'est souvent pour quelqu'un d'autre aussi. Autant le savoir dès le départ, ça évite des détours inutiles. Faire pour une satisfaction collective ? Bonne idée. Mais si l'on veut sauver le monde en s'oubliant soi-même, je ne crois pas que cela puisse être vraiment bénéfique. Alors que faire ?

L'Homme, le Muntu, est un état d'être. Il se suffit à lui-même. Il n'a pas à vouloir être autre chose que ce qu'il est. L'Homme, le Muntu, ne fait pas. Il proclame ce qu'il est, et vit l'expérience de ce qu'il est. S'il y a une façon pour l'Homme de faire, c'est évidemment celle-ci. L'Homme est d'abord ce dont il envisage la manifestation. Il est cela et appelle à ce que cela soit. Il est le témoignage de ce qu'il est. C'est par la puissance d'être, que les choses se font. Non, l'Homme ne fait pas. Mais c'est par lui que les choses se font. L'Homme n'agit pas, mais c'est à travers lui que les choses se meuvent. L'Homme ne change rien, mais c'est grâce à lui que les choses changent.

Kosala (Faire) devrait être comme Losala (Plume). Pas pesant, pas lourd, moins dense. Léger comme une plume. Faire sans faire, il n'y a que le plaisir et la joie qui subsistent. C'est un acte de sexualité. C'est la sexualité même. On est absorbé dans le plaisir, et à travers ce plaisir on crée. Telle est la relation entre l'Homme et le Faire.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *