L’Homme est-il Programmé pour Croire ?

Telle est la question qui m'a été posée dernièrement par un ami.

Croire, dans une des langues bantu, en lingala plus précisément, est traduit par Kondima.

Dans Koyamba, nous avons « Ya » et « Mba ». YA désigne « de », ou encore, en Kikongo (une autre langue Bantu), le chiffre « 4 ». Le 4 symbolise l'acte de gouverner, d'orienter, de présider. MBA, ou du moins BA, de son côté, représente le collectif, ou l'inconscient collectif. BA désigne aussi tous les états d'Être divins, en l'homme. Par exemple l'innocence, la spontanéité, la joie, l'exemplarité, la responsabilité, etc.... Dans croire (koyamba), si on retient de YA, le sens d'orienter, de diriger, et de BA, le sens de l'inconscient collectif, nous pouvons dire que « croire » (koyamba) induit une orientation collective.

Ce n'est pas l'individu (KA) qui sait, mais le collectif (BA).

À chaque fois qu'on utilise le verbe « croire », il plane toujours un sentiment de doute. On ne se réfère pas à ce qu'on sait, mais à une incertitude. En vérité, celui qui croit, ne sait pas. Il lui faut une assurance extérieure pour crédibiliser quelque chose ou une opinion qu'il pense connaître. Si tu t'appelles Paul, c'est un fait. Ce n'est pas une croyance, mais un savoir. Tu sais que tu t'appelles Paul. Si tu attends que les circonstances, ou les autres (BA, le collectif) te certifient que tu t'appelles bien Paul, cela prouve qu'il y a vraiment en toi quelque chose qui ne tourne pas rond. Toutefois, il n'est pas malsain de croire par exemple qu'untel s'appelle Martin, ou qu'untel habite tel endroit. Ceci démontre tout simplement notre incertitude, ou notre ignorance. Et l'on n'a pas à être blâmé pour cela. C'est normal que les autres nous éclaircissent là-dessus. Une fois la lumière faite sur la question, le « croire » laisse logiquement la place au « savoir ». Si cela n'est pas le cas, c'est qu'il y a un malaise. Toutes les croyances massives ne tiennent la route que tant que la masse des individus (KA) qui constitue le collectif (BA) continue à le nourrir. Le changement ne vient jamais du collectif (BA), l'histoire nous l'a souvent démontré, mais part toujours de l'individu (KA). C'est l'individu qui est le détonateur du mouvement qui finit par entraîner le collectif.

Si l'homme est bien programmé pour quelque chose, alors il est programmé pour le « savoir ». Seul le « savoir » l'affranchit. On ne peut empêcher l'homme de croire. C'est ridicule. Il lui faut tout simplement prendre conscience que croire n'est et ne sera jamais le but. Il lui faut comprendre que « croire » n'est qu'un marchepied qui, en réalité, l'amène à son véritable but : LE SAVOIR. Il y a tout intérêt à amener l'homme au savoir, plutôt que le maintenir dans la croyance. Ceci devient même urgent. La vie s'ouvre à celui qui sait.

 

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