La Voie de la Transcendance

Dans la compréhension générale d'une grande partie du peuple Bantu, Dieu est connu sous l'appellation de NZAMBI ou NZAMBE.

Mais que nous dit Mukulu dans « Mukulu Le Discours de l'Ancêtre Africain » ?

Je cite : « NZA*, c'est le monde manifesté. MBI ou MBE vient de IMBI ou MABE qui veut dire « mauvais ». Ainsi NZAMBI ou NZAMBE évoque la nature illusoire de NZA. NZAMBI ou NZAMBE est donc la grande illusion. C'est le grand voile.

De prime abord, nous voilà devant une grande remise en question. Est-ce que, jusque-là, on a toujours adoré NZAMBI ou NZAMBE, la grande illusion, à la place de MOZALI (Dieu) Lui-même ? À l'évidence il nous semble que oui. Comment ceci peut-il être possible ?

Voyons tout d'abord ce que Mukulu nous dit de Dieu. Il L'appelle MOZALI. Il dit ceci : « MOZALI signifie Celui Qui Est. MOZALI est la réalité suprême. Il est le Tout, et tout s'absorbe en Lui. Rien n'existe en dehors de Lui, et rien n'existe sans LUI. Il est MOZALISI, Celui par qui tout arrive. » Plus loin, il dit : « un seul mot ne saurait l'expliquer, tous les mots l'expliquent. »

Élaborons, MOZALI (DIEU) est tout ce qui existe. Ceci nous amène à affirmer que tout ce qui existe est MOZALI (DIEU). La divinité se replaçant ainsi sur et en toute chose. Tu veux voir MOZALI (DIEU), tu n'as qu'à regarder autour de toi et tu Le vois. Tu veux toucher MOZALI (DIEU), tu n'as qu'à toucher ton voisin, l'arbre, la fleur, etc. Mais est-ce vraiment MOZALI (DIEU) que tu vois, que tu touches ? On peut répondre par l'affirmation, et par la négation. L'affirmation dans l'essence, car une partie de Lui, c'est toujours LUI. La négation, car étant le Tout, pour Le voir, il nous faut voir les milliards de visages, d'arbres, de fleurs, etc. en même temps. Et pareil aussi pour Le toucher. Étant le Tout, Il est matériel, et aussi immatériel. Il est ce qu'on voit, et ce qu'on ne voit pas ; Il est ce qu'on touche, et ce qu'on ne peut toucher. Si on pousse plus loin le raisonnement, on arrive à dire que MOZALI (DIEU), étant le Tout, est ce qu'on voit, et n'est pas ce qu'on voit. Il est ce qu'on touche, et n'est pas ce qu'on touche. Car Il ne peut se concevoir que dans sa totalité.

Ainsi NZA (Univers Manifesté) est MOZALI (DIEU), et ne l'est pas en même temps. Adorer un animal, un arbre, la lune, le soleil, c'est adorer MOZALI (DIEU), et pas lui aussi. Mukulu ajoute ceci : « Saisir le principe de NZAMBI ou NZAMBE, c'est s'affranchir, c'est déchirer le grand voile d'illusion et d'ignorance. » NZAMBI ou NZAMBE nous invite à la transcendance. Ce n'est pas une fin en soi. Ceci explique le IMBI ou le MABE qui est accolé à NZA (l'univers manifesté). NZA (univers manifesté) nous permet d'appréhender MOZALI (Dieu), mais il nous faut aller au-delà pour découvrir la réalité suprême. Sinon le même NZA (univers manifesté) peut s'avérer être une entrave énorme pour notre propre épanouissement, pour notre propre éveil.

D'où l'enseignement sur le détachement au matériel. Le détachement au matériel n'est nullement le refus du matériel. C'est le replacement du matériel à sa juste place dans l'échelle divine. Il nous faut apprendre le juste équilibre, le LA. Car le matériel est aussi divin. Reconnaître que tout est divin, ne veut pas dire céder son propre pouvoir, sa propre divinité à qui que ce soit, ou à quoi que ce soit. Reconnaître que tout est divin, c'est se donner la permission de rendre grâce au Divin à travers tout ce qui est LUI. NZAMBI ou NZAMBE est le principe qui nous permet de bien intégrer cette subtilité. Il nous invite à ne pas nous attacher à ce qu'on voit NZA (univers manifesté) mais à aller toujours chercher ce qui est caché derrière toute manifestation. C'est une vérité qui nous amène à la transcendance. C'est la voie qui nous amène à l'illumination, donc à MOZALI (DIEU).

*NZA : toute particule vivante

 

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