Deux Questions Récurrentes…

Deux questions récurrentes méritent que je m'y attarde pour apporter quelques éclaircissements. A savoir : Pourquoi est-ce que je parle de Jésus, alors que, d'après mes explications, il est postérieur à la connaissance du principe de MUNTU par le peuple Bantu, et en plus, il nous vient d'ailleurs. Plus précisément, il nous a été imposé par l'arrivée des occidentaux ?

Et quelle est la différence entre la compréhension de Dieu chez le peuple Bantu, et celle du Chrétien ?

Je crois personnellement qu'il n'y a pas lieu de se battre pour démontrer l'antériorité de la connaissance de Dieu par le peuple Bantu avant l'arrivée de l'occident, donc du Christianisme. Ceci est une évidence. On voit même, à travers le principe du Muntu, que le monde Bantu avait déjà une notion Christique bien élaborée, et assimilée. Cette notion Christique, le Muntu, est même à la base de sa croyance. J'y reviendrai. La réalité spirituelle actuelle d'une grande partie de l'Afrique centrale témoigne de la suprématie de l'église Chrétienne. Et parler de Jésus tombe sous le sens. Je démontre tout simplement que Jésus, dans le fond, n'apporte rien de nouveau au monde Bantu. Mais il éclaire, et manifeste avec autant de majesté, de gloire, et de beauté ce que ce peuple savait déjà. Par sa vie, par son œuvre, il a montré ce qu'est un Muntu, un fils de Dieu. Toutefois, il nous faut savoir que « Christ » est un état divin. Il n'est d'aucune façon une exclusivité de la seule personne Jésus, ni de l'Église Chrétienne. Tous les êtres sont des fils et des filles de Dieu, et portent en eux le pouvoir du Christ.

De ce fait, Jésus est au-delà des dogmes et de la religion. Je ne saurais l'enfermer dans une chapelle. Il est la voie et la lumière de tous ceux qui se désignent peuple de Dieu. Tout comme mes sages ancêtres Africains, sans ignorer Bouddha, Krishna, Mahomet, Socrate, Lao-Tseu, Kimbangu, Toko, Mataji, etc. et tant d'autres que la terre a portés et continue de porter. Toutes ces grandes âmes ont eu et ont la même préoccupation : éveiller l'Homme à sa divinité, le reconnecter à sa véritable essence. Donc l'homme Jésus n'est pas au centre de l'enseignement spirituel du monde Bantu, mais le confirme, et lui ouvre d'autres champs de conscience.

Dans la spiritualité Bantu, tout tourne autour de l'Homme (Muntu), et de sa relation avec Dieu. La pierre angulaire n'est pas Dieu, mais l'Homme. Tout réside dans la faculté de l'Homme à vivre pleinement et consciemment sa vie d'Homme le temps de son passage sur terre. L'Homme est désigné par Muntu. Et Muntu désigne l'état de conscience élevé de Dieu *. C'est ce qu'on comprend aussi par Christ. Muntu est celui qui a accepté sa divinité, la vit, la manifeste et la proclame. Dieu étant tout ce qui est, la spiritualité Bantu amène l'individu à nouer une relation et un respect divin envers tout ce qui l'entoure ; car  pour le peuple bantu, tout est divin. C'est la vraie compréhension de l'animisme auquel je préfère largement le mot le Kimuntu

Le Kimuntu fait de l'individu le gardien, l'héritier de toute la création divine. Il lui ouvre la perception qui consiste à voir Dieu en chaque chose, et lui permet d'entrer en son contact à travers toute créature. D'où le KABA et le BAKA *, le donner et le recevoir, qui est un des principes importants de la sagesse Bantu.

Évidemment, on peut remarquer quelques nuances dans la compréhension de Dieu chez le Muntu et chez le Chrétien, mais, globalement, dans ce domaine, tout se rejoint.

* « Mukulu, Le Discours de l'Ancêtre Africain », ÉLIMA, Éditions Anibwe 2012

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